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Cliniques psychiatriques de la
violence à l’adolescence - 17 mars 2018


Si violence et adolescence semblent aller souvent de pair, en particulier concernant la psychiatrie, rien ne dit que la violence soit l’apanage de l’adolescence. Pour Freud, la violence, à l’état originel, se définit comme « le règne de la puissance la plus grande, de la violence brute ou appuyée sur l’intellect » destinée à imposer aux autres sa suprématie. Forme primitive du lien social, la violence, ultérieurement remplacée par le droit, menace de faire retour dans une civilisation en proie au « malaise ». Pourtant, la proximité de l’adolescence et de la violence est stigmatisée dès lors que la jeunesse est considérée comme une « classe dangereuse ». Encore aujourd’hui, les professionnels de l’éducation nationale et de la santé croient repérer dans le mensonge, l’oisiveté et la violence les germes d’une délinquance qui auraient terni l’innocence de la jeunesse, justifiant ainsi le projet d’une discipline répressive qui dissimule tri et discrimination sociale.

Mais c’est oublier que la violence est, sur un tout autre plan, quelque chose qui peut et doit se vivre à l’adolescence dans les liens avec les siens, en lien avec des affects pris dans des enjeux de différenciation et de séparation. Qu’elle s’incarne dans l’agir violent, la parole menaçante, l’extrême repli sur soi ou l’agressivité plus ou moins contenue, les violences froides et chaudes peuvent compromettre la cohésion familiale et sociale. Comme le montre Ervin Goffman, c’est précisément dans ces cas, quand le trouble désordonne la famille, que la violence arrive en psychiatrie. En se présentant aux portes des institutions de soin, elle porte les habits d’une dysrégulation neurobiologique entre l’amygdale et le cortex frontal, dans le déni global de ses surdéterminations sociales et contextuelles.

Repartir de ces surdéterminations, c’est mettre au cœur de notre réflexion l’insociable sociabilité d’Emmanuel Kant : cette dernière situe au cœur de la problématique sociale humaine une tension entre l’agrégation au groupe et la force qui pousse à s’en extraire, entre la tendance collective et la tendance individuelle, entre la passivité moutonnière et le désir d’en prendre le commandement. Car la violence agie se situe entre la défense et l’attaque, entre celle que l’on subit et celle qu’on exerce sur autrui. Quand le sexuel pubertaire anime l’enfant de pulsions grégaires pour vivre sa sexualité dans le monde, il le pousse aussi à imposer son ordre pour sa sécurité. Parler de violence en psychiatrie de l’adolescent consiste à se situer sur le lieu de ces contradictions humaines, en évaluant les moyens dont on dispose pour les résoudre.

Horaires : 9h-18h

Lieu : Institut Mutualiste Montsouris
Amphithéâtre
42 boulevard Jourdan
75014 Paris

Entrée libre

Contact : isée.bernateau@orange.fr