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Le handicap
Handicap, sexualité


Être handicapé ne veut pas dire être asexué. Alors que pendant des années les personnes en situation de handicap ont été considérées comme dénuées de tout désir sexuel, on commence aujourd’hui, tout doucement, à prendre en considération leur « humanité ».

Et oui, même handicapé l’Homme (et la femme bien-sûr !) est capable d’aimer et d’être aimé. C’est bien souvent l’entourage et la société qui le supportent mal. C’est plus commode de se dire que telle ou telle personne handicapée n’est pas en mesure d’aimer et d’avoir des relations sexuelles. Ça dérange d’y penser, ça vient à l’encontre de l’idéal de chacun qui bien souvent, rime avec « amour, gloire et beauté ». La société occidentale actuelle est perfectionniste et normalisée : celui qui ne rentre pas dans le moule en est exclu. Alors que tout un chacun est plutôt disposé à se laisser aller à des sentiments si agréables comme ceux de l’amour et du désir….

Aller vers l’autre
Quand on est porteur de handicap, on a parfois des difficultés à aller vers les autres. On n’a pas trop confiance en soi, on a peur de gêner, de mettre mal à l’aise, de faire peur… Alors quand il s’agit d’aborder celui ou celle qui fait chavirer notre cœur c’est encore plus difficile. Surtout s’il appartient au monde des « autres », celui des « valides ». Mais il faut se dire que même les valides sont tout aussi intimidés, apeurés voire pétrifiés. Et oui ! Finalement quand on doit déclarer sa flamme on perd nos moyens de la même façon !

Aborder une personne qui nous plaît avec un appareillage (chaise roulante, cannes, chaussures orthopédiques, appareils auditifs etc.…) n’est pas très glamour mais finalement ça peut bien se passer quand même ! Une fois le premier pas a priori passé, une bonne complicité peut s’installer et, pourquoi pas ? aboutir à un sentiment amoureux. L’humour est souvent une arme redoutable, pensez-y ! La patience également.

Handicap au second plan
Si l’élu-e de son cœur se montre un peu fuyant au début, il se peut qu’avec le temps il/elle apprenne à ne pas avoir peur du handicap. Car c’est bien du handicap qu’il/elle a peur, pas de vous ! C’est ce qui est différent qui effraie, met mal à l’aise ou inquiète. En parvenant à dépasser ces a priori, on s’aperçoit que le handicap passe au second plan pour laisser place à des échanges d’égal à égal. L’autre finalement peut être drôle, intelligent, généreux…

Dans certaines situations, cette relation d’amitié peut devenir une relation amoureuse. Il est alors important de se préparer à de possibles déconvenues. Les réactions du début (peur, fuite, gêne) peuvent se retrouver dans l’entourage de l’amoureux-se valide. Des réflexions, des regards, des commentaires désobligeants voire blessants peuvent surgir. C’est pourquoi, au préalable, un travail sur l’acceptation de son handicap peut être nécessaire afin de faire face à ce genre de situation et être disponible psychologiquement et émotionnellement à recevoir et donner de l’amour.

Pas une béquille
Un autre point important est que son/sa chéri-e sente que c’est pour il/elle qu’on l’aime et pas pour qu’il/elle serve de « béquille » physique mais aussi psychologique. En effet, imposer à l’autre la responsabilité de nous faire aller bien n’est pas un échange sain. Ce serait trop lourd à supporter pour il/elle.

Et au niveau de la sexualité ?
Il n’y a pas de normes dans les gestes amoureux et le champ de l’érotisme est vaste.

On a besoin de vivre ce plaisir corporel en solo (masturbation) et avec l’autre. Apprendre à connaître ce qui nous procure du plaisir au niveau de notre corps permet ensuite et aussi d’être sensible au plaisir de son amoureux (se). Cela nécessite d’avoir tissé avec celui ou celle que l’on aime un lien de confiance pour se laisser aller dans cette recherche de sensation à deux.

Chaque couple crée au fil du temps sa (ses) façon(s) singulière de faire l’amour avec ou sans handicap. La sexualité ne se réduit pas à un corps-à-corps. Elle englobe les sentiments que l’on éprouve pour l’autre, le dialogue et le respect. La sexualité se nourrit aussi de fantasmes qui donnent du piment et c’est nécessaire et agréable de pouvoir se laisser aller à ces rêveries.